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Manu, l’homme qui ne voulait pas
lâcher sa caméra
ManuLe jour où Manu Bonmariage, cinéaste du ’’réel’’, a décidé d’appeler sa deuxième fille par le même prénom que lui, ’Emmanuelle’, était-ce pour la postérité?
Et le jour où ce cinéaste lui lègue une caméra, devient-elle dépositaire d’une histoire, d’un trajet? Manu Bonmariage, qui n’a eu de cesse de déshabiller la société, se retrouve aujourd’hui, à 76 ans, nu face à ses doutes, ses films et la caméra de sa fille Emmanuelle.
Elle le suit, cherche à saisir son identité profonde (celle de l’homme, mêlée à celle du cinéaste) malgré Alzheimer qui le gagne.

CONTEXTE ET NOTE DE LA RÉALISATRICE. J’ai un drôle de père. Je suis la fille d’un cinéaste mal connu mais d’un ’’sacré ’’ cinéaste quand même.
D’un homme qui, sans caméra, est largué en lui-même. D’un homme qui s’est accroché toute sa vie au cinéma du réel pour y chercher un sens. Donner un sens à une réalité qui lui échappe, de plus en plus complexe, qui déborde de n’importe quel cadre (familial ou professionnel).
À moins que filmer ne soit une manière de contester une morale religieuse qui le poursuit comme une ombre depuis l’adolescence et avec laquelle il se débat?
Cadrer pour échapper au cadre? Quels liens profonds se tissent entre lui et ses films? Mon père n’a-t-il pas été l’objet d’obsessions, qu’il a cherché à filmer sans cesse?

À L’ORIGINE. Je m’appelle Emmanuelle Bonmariage, fille d’Emmanuel Bonma- riage. Je suis un des enfants du ’’premier lit’’.
Mon père impose mon prénom à ma mère trois jours après ma naissance. J’avais déjà été nommée, Hélène, mais seul devant les autorités communales, il choisit un autre prénom, le sien.
Ce ’’détail” aurait-il créé un attachement particulier à lui? Un attachement renforcé par un père en grande partie sur les routes, des ’’routes’’ parfois dangereuses, prenant des risques en tous genres, jusqu’au jour où je le sens partir.
Il a avalé une dose supra létale d’arsenic, j’ai 9 ans et les nouvelles quant à sa sortie du coma sont floues. Une vie bascule pour nous, les enfants du premier lit.

PLUS TARD, IL ME RACONTERA que c’est le regard intense que j’avais enfant, au travers de la vitre qui nous séparait de cette chambre stérile, qui l’a fait revenir à la vie.
Je regarde ses films depuis toute petite déjà. À l’époque, mon père n’est à la maison que quand il n’est pas en tournage, c’est-à-dire pas souvent.
À n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, on entend souvent dire ’’Papa travaille!” Alors, je l’interroge à travers ses films. Pour moi, il ’’est’’ ses films, c’est le lien qui me lie à lui depuis l’enfance.
- Qui es-tu quand tu ne filmes pas?
- Quand je ne filme pas... je peux filmer dans ma tête…

Sortie en salles le 6 juin.
Domino  ▲
ManuManu
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