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Galerie Comic Art Factory
Que des coups de cœur
Galerie Comic Art FactoryCréée en 2014, mais de façon virtuelle, la Comic Art Factory Galerie est, depuis le mois d’avril de cette année, devenue physique puisqu’elle s’est installée au 237 de la Chaussée de Wavre à Bruxelles.
Sa particularité: inviter aussi bien des auteurs venus de la bédé franco-belge qu’issus des comics USA. Des dessinateurs qui se sont imposés comme de véritables coups du cœur pour Frédéric Lorge, le propriétaire des lieux.


L’OCCASION ÉTAIT BELLE POUR CAMPUS d’aller y rencontrer celui qui, à l’âge de quatre ans, bien écolé par son père, s’attaquait déjà à la lecture.
Né en 1975, son premier souvenir bédéistique date de 1979 et concerne le ’Strange’ n°119. Un magazine français de bd reprenant des personnages venus en droite ligne des publications américaines Marvel Comics.
Or donc, dans ce n°119, Daredevil, sur un toit de New York, embrassait sur la bouche la Veuve Noire, alias l’espionne russe Natasha Romanoff.
Une image incroyable à l’époque pour Frédéric, qui, déjà en première primaire à l’âge de 4 ans, s’empressa de montrer le magazine à ses copains de classe.

BOB ET BOBETTE. Par la suite, ce sont Astérix, Lucky Luke, mais surtout Bob et Bobette qui vont devenir ses héros de prédilection.
Bob et Bobette, une bédé sous-estimée selon lui et n’ayant pas eu d’impact en France alors que son univers était mille fois plus inventif que celui de Hergé.
’’Quand on regarde les 50 premiers albums de Vandersteen, il y a du rythme, de l’inventivité, un casting des personnages impeccable, une plongée directe dans l’action, un excellent découpage et, surtout, un côté vie quotidienne.
On voyageait dans le temps et, d’autre part, on apprenait beaucoup sur la Belgique. Face à cela, je trouvais Hergé beaucoup trop bavard’’.

POURQUOI FRÉDÉRIC LORGE REGARDE-T-IL PLUS VOLONTIERS vers les comics? ’’Cela fait 38 ans que je lis de la bédé soit américaine soit franco-belge.
C’est comme une drogue il me faut ma dose. Mais cette dose je la trouvais et la trouve plus volontiers dans les comics USA. Là, il y a de la nouveauté chaque semaine, alors que dans notre bd, je peux rester deux gros mois sans avoir un véritable coup de cœur.
J’ai l’impression que chez nous on est entré dans l’ère des ’têtes qui parlent’ et, du coup, je vois très peu de travail sur les découpages et les ambiances.
Je vois des bédés quelque peu arrangées sur Photoshop… En fait, l’obligation éditoriale pour nos dessinateurs de travailler à la chaîne a découlé sur une baisse de qualité de leur production.
Entendu qu’ils ont moins de temps pour peaufiner leur travail’’.

QUANT À LA FLAMBÉE DES PRIX DES ORIGINAUX Frédéric Lorge explique: ’’Quand ce marché n’était pas ce qu’il est devenu aujourd’hui, il était assez aisé d’acheter à très bas prix toutes les planches d’un seul et même album.
C’était à un point tel, que lorsque quelqu’un demandait une dédicace à un dessinateur, pour ne pas se mettre à table et commencer à faire un dessin sur la page de garde d’un de ses albums, il préférait offrir une de ses planches qu’il dédicaçait alors à ce fan’’.

AUJOURD’HUI, LES PRIX DU MARCHÉ sont tels, que tout cela est devenu impossible. ’’Moi je suis collectionneur, parfois j’achète pour moi, parfois pour la revente, mais j’ai rarement acheté un lot de cinq planches d’un même auteur.
J’ai mes propres critères. J’aime m’offrir des œuvres spécifiques. Des œuvres qui me parlent et me semblent représenter la quintessence de l’artiste, ou d’une période, ou du sens du découpage, ou de l’humour, ou de la qualité de l’action’’.

MAIS ALORS, QUE PROPOSERA COMIC ART FACTORY? Depuis une douzaine d’années, notre homme a commencé à acheter des planches originales et a eu l’idée, il y a cinq ans, de proposer sur Internet les planches d’artistes qui vendaient peu, ou qui n’avaient pas nécessairement l’envie de travailler avec des galeries bien établies.
Cela a grandi au fil du temps avec des artistes qui sont devenus ses coups de cœur de lecture comme c’est le cas de l’Américain Shelton, qui constitua pour lui une incroyable surprise.

UN AMÉRICAIN ÉTABLI DEPUIS 1980 À PARIS et qui expose pour l’instant chez Frédéric Lorge Chaussée de Wavre. ’’J’ai découvert son œuvre et surtout son humour il y a seulement deux ans.
Or, pour moi, l’humour en bd demeure le parent pauvre, comme c’est aussi le cas au cinéma où l’on respecte beaucoup plus la tragédie. Faire rire est beaucoup plus difficile qu’émouvoir.
Son sens du gag, de l’absurde est peu fréquent. Sa bédé, née dans les années 60, m’a fait marrer et j’ai eu envie de la partager. Voilà un peu ce que le public découvrira au fil des dessinateurs qui trouveront place dans ma galerie.
Des gars qui m’ont offert un coup de cœur graphique, qui m’ont interpellé quelque part, qui m’ont transporté, me donnant l’envie d’entrer dans leurs aventures, dans leur univers’’.

QUANT AU PRIX DES PLANCHES qui seront proposées, il oscillera entre 300 et 800 €, car Frédéric Lorge n’entend pas être le gestionnaire des finances d’autrui.
Dimanche 3 juin, ce sera le dernier jour de l’exposition Gilbert Shelton. Ensuite, le 14 juin, ce sera le vernissage de l’exposition-vente de planches originales ’Héroic Fantasy’ du tome 10 des ’Forêts d’Opale’ de Cédric Fernandez et du Tome 26 de ’La Geste des Chevaliers Dragons’ de Thibaud De Rochebrune.

COMIC ART FACTORY
Chaussée de Wavre 237, 1050 Bruxelles
Ouverture de 11h à 19 h du vendredi 15 juin au dimanche 8 juillet.
Charly  ▲

Galerie Comic Art Factory
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