RENTRÉE LITTÉRAIRE POUR TOUS LES GOÛTS

@ Charly

Depuis la mi-août, la rentrée littéraire est devenue effective. L’occasion de vous présenter quelques nouveautés faites pour satisfaire les goûts de chacun et de chacune d’entre vous.

‘GRENOUILLE’, DE SERGUEÏ SHIKALOV CHEZ SEUIL
AU DÉBUT DE LA GUERRE EN UKRAINE, une star de cinéma russe prend la fuite. Elle s’exile à Paris, persuadée que la situation se rétablira, que tout finira par entrer dans l’ordre. Mais rien ne se rétablit. Rien ne revient à la normale. Quelque chose s’est cassé.
COMMENCE ALORS UNE CHUTE BRUTALE dans l’anonymat et l’indifférence. Elle n’est plus qu’une silhouette parmi d’autres, étrangère sur sa terre d’accueil, paria chez elle. En errant dans Paris, elle fume, conjugue mentalement des verbes français, s’émerveille, boit du champagne puis s’arrête tout à coup.
DES SOUVENIRS. DE CE QU’ELLE A ÉTÉ, et de ce qu’elle n’a jamais pu être. Et si cet effacement était une chance? Se regarder autrement, se remettre en question, prendre position pour retrouver sa dignité.
C’EST UN SUJET PLUS QUE COMPLEXE qu’aborde ici l’auteur par le biais d’une plume à la fois fluide et rythmée. Complexe, car lorsqu’on change de pays, de langue, de coutumes, d’environnement, d’amitiés, il est incontestable qu’on mettra du temps avant de redevenir ce qu’on était. Certains n’y parviennent même pas!

‘LA ZONE DE LA VIE’, DE MELISSA ARNOT REID CHEZ GUÉRIN
POUR ARRIVER AU SOMMET DU MONDE sans oxygène, Melissa Arnot Reid doit vaincre ses nombreux démons intérieurs: un voyage au bout de l’effort et de la rédemption. S’aventurer sans masque à oxygène dans la ‘zone de la mort’ pour tenter d’atteindre le plus haut sommet de la planète est une épreuve.
MELISSA ARNOT REID L’A TENTÉE pendant des années, jusqu’à l’épuisement. Mais son livre confession va bien au-delà d’une quête physique: c’est le combat d’une femme pour exister dans un monde d’hommes. Une histoire commencée dans une caravane de l’Ouest américain.
GUIDE DE HAUTE MONTAGNE À 20 ANS, Melissa se croit libérée de sa famille dysfonctionnelle, mais son enfance cabossée la poursuit et il lui faudra une décennie pour que, pas à pas vers le sommet de l’Everest, elle se réconcilie avec le monde et avec elle-même, pour trouver enfin l’apaisement à 8 848 mètres d’altitude.
AU-DELÀ D’UN RÉCIT ÉVOQUANT les difficultés en tout genre qui s’imposent à ces femmes désireuses de s’attaquer aux plus grands sommets disséminés dans le monde, au-delà d’un excellent livre décryptant l’Everest, il y a surtout cette volonté enracinée dans les profondeurs de Melissa de vaincre ses démons. Un témoignage tout simplement beau dans sa grandeur!

‘MAQUIS BLANC’, DE JEAN-LUC AUBARBIER CHEZ TERRES DE FRANCE – PRESSES DE LA CITÉ
DÉCEMBRE 1944. UNE FORTERESSE volante américaine survole le Limousin. À son bord, l’équipage est allemand. Dans la soute à bombes, un commando de onze miliciens français prêts à être parachutés aux confins de la Corrèze et de la Haute-Vienne.
LEUR OBJECTIF, COMME CELUI DE DIZAINES d’autres ‘maquis blancs’, se voir largués sur les arrières des lignes et semer le trouble tandis que les nazis lancent leur offensive dans les Ardennes.
MAIS CEUX-LÀ ONT UNE MISSION particulière: assassiner de Gaulle lors de son voyage à Limoges et faire retomber la culpabilité sur les communistes.
À TULLE, LES GENDARMES RÉSISTANTS ont requis l’aide d’Éloi Joubert, le seul à pouvoir identifier le chef du commando. D’un tempérament séducteur et dilettante, Éloi s’est pourtant engagé dans la Résistance. Capturé par la police de Vichy en 1943, il a été condamné à dix-huit mois de camp, à Saint-Paul-d’Eyjeaux. Il en est sorti grâce à l’entregent de son beau-frère, un fervent pétainiste.
UN RÉCIT PASSIONNANT adapté d’une histoire vraie, vécue par le grand-père de l’auteur. Un récit qui nous raconte un épisode peu connu se situant peu avant la fin en Europe de la Seconde Guerre mondiale, au moment de la libération de la France. C’est remarquablement documenté, historique et révélateur des idéologies du moment.

‘SOLEIL D’ABANDON’, DE MATHIEU ROLLAND CHEZ PLON
PAR UNE NUIT DE CANICULE, Emmanuelle et Jacob, incapables de trouver le sommeil, aperçoivent une étrange lueur rouge à travers les arbres, non loin de leur maison.
LE LENDEMAIN, ILS REÇOIVENT la visite d’un inspecteur. Les restes humains calcinés d’un enfant ont été découverts. Emmanuelle est peintre et crée des tableaux hyperréalistes la mettant en scène. Jacob est astrophysicien et attend de la poussière d’astéroïde rapportée d’une mission.
ET PENDANT QUE SON FRÈRE FRANÇOIS, passionné des déserts, s’aventure dans celui de l’Atacama, en Amérique du Sud, la compagne de celui-ci, Julie, offre son corps à la brûlure impitoyable du soleil.
CHACUN VOIT SA VIE TOUCHÉE par la présence de cet enfant inconnu, et particulièrement l’inspecteur Cloutier, veuf depuis peu, déterminé à faire de l’identification de ce corps un combat personnel.
UN ROMAN ASSEZ SINGULIER qui oscille entre drame familial et mystère autour de la découverte du cadavre calciné d’un enfant. Un roman il est vrai à l’atmosphère plus que lourde.

‘DES ANNÉES D’ENCHANTEMENT’, DE ROBERT MASSART CHEZ M.E.O.
EX-ORPHELIN ET OUVRIER d’une administration bruxelloise, homme simple et généreux, Marcel coule une retraite paisible entre sa femme Mireille, Jeff et Marius, les pédés d’en face par ailleurs leurs meilleurs amis, et le petit resto de quartier ‘La Frigousse’.
PRIVÉ D’ENFANTS, il porte en lui un manque silencieux, celui de l’affection qu’il n’a jamais reçue et qu’il n’a jamais pu transmettre. Mais Mireille meurt et tout vacille.
À SON ENTERREMENT paraît une inconnue, Viviane, mystérieuse demi-sœur de la défunte. Avec elle, son fils, Gauvain. Malgré les mises en garde de son entourage, Marcel, devenu ‘Tounet’, s’attache, se rapproche, se laisse entraîner.
CE QU’IL CROIT ÊTRE UNE SECONDE CHANCE devient peu à peu une fascination trouble, dont il ne perçoit ni les contours ni les dangers. Jusqu’à la catastrophe pressentie.
LORSQUE VOUS ARRIVEREZ à la fin de cet ouvrage, tout comme Marcel, vous vous poserez la question de savoir si on a le droit de punir quelqu’un, de le foutre en taule, et ce tout simplement parce que ses pensées ne sont pas celles de tout le monde.

‘L’ÂGE DE DÉPLAIRE’, D’ABIBOU DIOUF CHEZ ALBIN MICHEL
ENTRE PARIS ET DAKAR, Fadel est un homme écartelé. En France, il goûte à une liberté nouvelle, au Sénégal, sa vie est subordonnée à la hiérarchie familiale, aux injonctions à la virilité et à la tradition.
LA MORT DE SON PÈRE agit comme un déclencheur. La colère d’abord, puis l’afflux des souvenirs, et la figure obsédante d’un autre Fadel, son turandoo, son homonyme: un artiste marginal surnommé ‘Fadel le Fou’, dont l’existence défie l’ordre social.
DEUX HOMMES, UN MÊME PRÉNOM, deux destins possibles. Et une question : a-t-on le droit de devenir soi quand tout nous enjoint de rester à notre place?
ROMAN CONFLIT ET DE FACTURE INTIME, ‘L’Âge de déplaire’ explore ce moment où l’on comprend que l’héritage n’est pas seulement ce que l’on reçoit, mais aussi ce que l’on choisit de transformer, de taire ou de brûler.
ANIMÉ PAR L’URGENCE DE DIRE, Abibou Diouf interroge avec justesse et courage la fabrique des masculinités, les violences symboliques exercées au nom de la tradition et le poids du silence au sein des familles sénégalaises.
SI CE BREF DESCRIPTIF de ce premier roman d’un Abibou Diouf qui se veut d’une incroyable maturité vous interpelle, n’hésitez pas à vous précipiter chez votre libraire pour l’acquérir, car non seulement il bouleverse, mais il est surtout d’une infinie beauté.

‘UN HOMME MEILLEUR’, DE LOUISE PENNY CHEZ ACTES SUD – ACTES NOIRS
ALORS QU’UNE CRUE MENACE d’engloutir le village de Three Pines, Armand Gamache affronte un autre déferlement: celui, plus impitoyable encore, de l’opinion publique et des doutes.
DE RETOUR APRÈS UNE SUSPENSION de neuf mois, marqué par ce que tout le monde s’obstine à nommer ses ‘erreurs’, il se retrouve relégué à la section des homicides, sous l’autorité de son gendre, Jean-Guy Beauvoir.
C’EST ALORS QU’UN PÈRE en détresse implore son aide, car sa fille, Vivienne Godin, a disparu. Dans le désarroi d’Homer Godin, Gamache reconnaît l’écho d’une angoisse universelle : l’impuissance à protéger ceux qu’on aime. À travers cette enquête, c’est sa propre conscience qu’il va interroger, et avant tout la notion de justice.
ENTRE MENSONGES, TRAHISONS ET RÉVÉLATIONS POIGNANTES, Louise Penny livre un polar d’une humanité troublante, où chaque décision engage non seulement un destin, mais tout un système de valeurs.
UN SUSPENSE QUI VA D’EMBLÉE vous captiver, car lorsqu’elle envoie son inspecteur fétiche Armand Gamache sur le terrain, on se retrouve toujours face à un polar savamment tressé, profondément humain, irrésistible, et d’une grande efficacité.

‘TANTE DIMITY DÉTECTIVE’, DE NANCY ATHERTON CHEZ VERSO
LORI ET TOUTE LA FAMILLE ont bien fait de prendre des vacances aux États-Unis, car leur retour est des plus mouvementés. On peut même dire que c’est un choc: Prunella Hooper, alias ‘Face de prune’, a été assassinée !
LE PREMIER MEURTRE COMMIS dans le village de Finch depuis plus d’un siècle… Lori doit résoudre ce crime odieux. Mais presque tous les habitants avaient une bonne raison de vouloir la mort de Mme Hooper et évidemment tout le monde a un alibi.
AVEC L’AIDE DE TANTE DIMITY et de Nicholas, un énigmatique et plus que charmant  professeur d’autodéfense, Lori va tenter de démêler cette sombre affaire pleine de nœuds et de potins.
VOICI DÉJÀ LE TOME SIX DE CETTE SÉRIE qui nous relate les enquêtes plus cosy que mystery de Tante Dimity. Enquêtes où l’on découvre des personnages attachants et hauts en couleur. Ajoutez à cela une touche de surnaturel, un soupçon de mystère et surtout une bonne dose d’amour, et vous aurez là tout ce qui fait l’attrait de cette série à consommer sans modération. On ajoutera qu’ici, et ce pour la première fois, que Lori et Dimity mènent une enquête où une affaire de meurtre est à résoudre.    🔵

Sep 2026

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