SOUS LA LOUPE: CUPRA RAVAL ENDURANCE FIRST EDITION PLUS, LA PETITE ÉLECTRIQUE SORT LES GRIFFES
@ Jean Spé
Avec ses 211 chevaux, son look de mini-bad girl et une autonomie qui flirte avec les 450 km, la nouvelle Cupra Raval Endurance First Edition Plus ne vient clairement pas jouer les figurantes dans la cour des citadines électriques. Compacte sans être étriquée, rapide et richement équipée dans cette First Edition Plus, elle vise ceux qui veulent passer à l’électrique sans renoncer au plaisir. Et sur les routes belges, son format semble taillé sur mesure.
UN PETIT FORMAT QUI NE CHERCHE PAS À SE FAIRE OUBLIER. À peine 4,05 m de long. Sur le papier, la Raval reste une vraie citadine. Dans la rue, pourtant, elle a nettement plus de présence. Museau plongeant, regard acéré, ailes bien posées sur les roues et détails typiquement Cupra: elle affiche son tempérament sans tomber dans la caricature.
Le nom vient d’ailleurs d’El Raval, quartier bouillonnant de Barcelone. Tout un programme. Cette First Edition Plus ajoute notamment des projecteurs Matrix LED et une présentation plus valorisante. Avec 1,78 m de large et 1,51 m de haut, elle conserve des proportions faciles à vivre dans nos centres-villes. Et avec 441 litres annoncés pour le coffre, elle fait même mieux que ce que son gabarit laisse imaginer.
LARGEMENT DE QUOI S’AMUSER. Sous le plancher se trouve une batterie NMC de 51,5 à 52 kWh utiles, tandis qu’un moteur synchrone entraîne les roues avant. Il délivre 211 chevaux et surtout 290 Nm immédiatement disponibles. Résultat: 7,1 secondes suffisent pour faire le zéro/cent. La vitesse maximale est limitée à 160 km/h.
Pas besoin de davantage pour se faire plaisir. À basse vitesse, la réponse est instantanée et la Raval bondit avec cette spontanéité que l’on aime dans une bonne électrique. Elle n’est toutefois pas une VZ déguisée. Si l’on écrase l’accélérateur en sortie de virage, les roues avant doivent parfois digérer beaucoup de couple d’un seul coup. Une petite limite qui rappelle qu’ici, le plaisir vient davantage de la vivacité que de la brutalité.
UN CHÂSSIS QUI PRÉFÈRE LES VIRAGES AUX LIGNES DROITES. C’est sans doute ici que la Raval mérite le mieux son badge Cupra. À l’avant, on trouve des jambes McPherson; derrière, un essieu semi-rigide. La direction est progressive et le centre de gravité bas aide la petite espagnole à changer de cap avec entrain. Les freins sont à disques sur les quatre roues, ventilés à l’avant.
Elle aime clairement être conduite. Pas forcément attaquée à chaque rond-point, mais menée avec un peu de rythme. Les palettes au volant permettent de choisir plusieurs niveaux de récupération d’énergie, jusqu’au mode One Pedal. En ville, on finit rapidement par oublier carrément la pédale de frein.
Le revers? Cupra reste Cupra: l’amortissement privilégie le maintien de caisse au moelleux absolu. Sur un revêtement belge, les grandes roues peuvent rappeler leur présence.
PRÈS DE 450 KM WLTP… ET COMBIEN DANS LA VRAIE VIE? Cupra annonce, selon la configuration, de 413 à 446 km en cycle WLTP pour l’Endurance, avec une consommation homologuée comprise entre 13,6 et 14,8 kWh/100 km.
Dans la réalité, mieux vaut évidemment garder une marge. Nous avons pu constater environ 350 à 370 km en usage routier/mixte raisonnable. En ville, où la récupération d’énergie travaille à plein régime, dépasser 400 kilomètres devient réaliste lorsque la météo est favorable et le pied droit coopératif.
Retenons donc environ 350 à 370 km réels en usage routier/mixte, autour de 400 km ou un peu plus en ville, et plutôt 300 km sur autoroute selon la vitesse et les conditions. En hiver belge, chauffage, pluie, vent et températures basses feront naturellement baisser ces valeurs.
RECHARGE: SUFFISAMMENT RAPIDE. Sur une Wallbox triphasée de 11 kW, la Raval demandera 5 h 30 pour passer de 0 à 100 %. En courant continu, la puissance maximale atteint 105 kW et le 10 à 80 % réclame environ 24 minutes; le temps d’un café et de quelques messages, et l’on peut repartir.
Sur une prise domestique, comptez grosso modo une journée pour une recharge importante: autour de 14 à 25 heures.
Sur autoroute, le calcul est différent. Avec quelque 280 à 315 km d’autonomie réelle et une recharge rapide 10-80 %, les grandes traversées européennes demanderont des arrêts réguliers. La Raval sait voyager, mais son terrain de jeu préféré reste la ville, le périurbain et les distances intermédiaires.
À BORD: SPORT, ÉCRANS ET JUSTE CE QU’IL FAUT DE SPECTACLE. La position de conduite est assez basse, les sièges maintiennent bien et l’instrumentation numérique fait face au conducteur. Au centre trône un écran de 12,9 pouces. Cette First Edition Plus ajoute notamment navigation connectée, éclairage d’ambiance personnalisable et installation audio Sennheiser à 12 haut-parleurs, ainsi que des aides telles que la vision à 360°, Travel Assist et Smart Parking Assist selon la configuration belge.
C’est moderne, assez spectaculaire le soir et nettement moins austère que certaines électriques rationnelles jusqu’au bout des pixels. On aurait simplement aimé que certaines fonctions courantes restent accessibles par davantage de commandes physiques. Tout faire passer par le tactile n’est pas toujours un progrès.
À l’arrière, l’espace reste celui d’une voiture de quatre mètres. Deux adultes s’y installent correctement, mais les grands gabarits ne rêveront pas d’y traverser l’Europe. En revanche, les cinq portes et le coffre de 441 litres rendent la Raval étonnamment pratique au quotidien.
FIRST EDITION PLUS: SÉDUISANTE, MAIS ELLE SE FAIT PAYER. Avec un tarif belge publié de 43.380 €, la First Edition Plus n’est pas vraiment une petite électrique bon marché. Son équipement, ses 211 chevaux, son autonomie et sa présentation expliquent une partie de l’addition, mais à ce niveau de prix, la concurrence devient sérieuse.
Reste que la Raval possède un atout difficile à inscrire dans une fiche Excel: du caractère. Elle est compacte, rapide, plutôt efficiente et suffisamment pratique, mais surtout elle évite de donner l’impression de conduire un appareil électroménager à quatre roues.
Et c’est probablement sa meilleure carte. Pour les trajets belges quotidiens, ses quelque 350 km réels constituent déjà une réserve confortable. En ville, elle peut faire nettement mieux. Ajoutez une recharge correcte, 211 chevaux disponibles instantanément et un châssis qui ne rechigne pas devant quelques virages: cette Raval Endurance First Edition Plus transforme la raison électrique en achat nettement plus émotionnel.
Cerise sur le gâteau: la Cupra Raval obtient la note maximale de 5 étoiles au nouveau protocole d’évaluation Euro NCAP 2026. 🔵
Sep 2026


