SOUS LA LOUPE: MAZDA CX-5 SKYACTIV, LE SUV QUI JOUE LA CARTE DU BON SENS

@ Jean Spé

Plus grande, plus confortable, mieux connectée et toujours fidèle à une certaine idée du plaisir automobile, la nouvelle Mazda CX-5 change de génération sans changer de philosophie. Sous son capot, pas de petit moteur turbo suralimenté ni de course à la puissance: Mazda mise sur un 2.5 essence atmosphérique de 141 chevaux, épaulé par une hybridation légère 24 V. Un choix presque à contre-courant. Et c’est justement ce qui rend cette nouvelle CX-5 intéressante.

UNE CX-5 QUI PREND DE L’AMPLEUR. Premier constat: la nouvelle CX-5 ne cherche pas à passer inaperçue. Avec ses 4,69 mètres de long, elle gagne nettement en présence et adopte une silhouette plus affirmée. Le style reste immédiatement identifiable, mais les lignes sont plus tendues, plus sculptées, avec cette élégance sobre qui fait partie de l’ADN Mazda.
Cette croissance n’est pas qu’une affaire de look. L’empattement atteint 2,80 mètres et profite directement à l’espace intérieur. Les passagers arrière disposent de davantage de place, tandis que l’accès aux places arrière est facilité par des portes plus largement ouvrantes. Pour une famille, un week-end chargé ou simplement quatre adultes qui n’ont pas envie de jouer des coudes, le progrès est bien réel. Mazda annonce également un coffre plus généreux, avec jusqu’à 583 litres en configuration normale et 2.019 litres lorsque la banquette est rabattue.

UN GROS 2.5 QUI REFUSE LE ‘DOWNSIZING’. C’est probablement ici que la nouvelle CX-5 se démarque le plus. Alors que beaucoup de concurrents misent sur de petits moteurs turbo, Mazda fait le choix inverse. Sous le capot, on retrouve un quatre-cylindres essence atmosphérique de 2.488 cm³. Pas de turbo donc. Et seulement 141 chevaux.
‘Seulement’? Oui, car sur le papier, ce chiffre peut sembler un peu léger pour un SUV de ce gabarit. Mais le moteur compense par une belle cylindrée et surtout par 238 Nm de couple. Il est associé à une boîte automatique à six rapports, recalibrée pour privilégier la douceur et la progressivité. La CX-5 n’est donc pas conçue pour arracher le bitume au feu rouge. Elle préfère accélérer proprement, sans à-coups, et garder un rythme détendu.
Le zéro/cent demande 10,5 secondes en traction avant et la vitesse maximale atteint 187 km/h. Ce ne sont pas des chiffres de sportive, mais ils correspondent assez bien à la philosophie de l’auto.

LE PETIT COUP DE POUCE DU MILD HYBRID. Le 2.5 n’est pas seul. Il bénéficie du système Mazda M Hybrid à 24 V. Attention cependant à ne pas confondre cette technologie avec une vraie hybride rechargeable ou une full-hybrid. Ici, pas question de brancher la CX-5 à une borne: la petite batterie lithium-ion récupère l’énergie lors des décélérations et assiste le moteur thermique lorsque c’est utile.
Le résultat se ressent surtout dans la douceur. Les redémarrages sont plus discrets, les phases de décélération sont mieux exploitées et le système contribue à réduire la consommation. Mazda ajoute une désactivation des cylindres à faible charge, histoire de grappiller encore quelques décilitres lorsque le moteur n’a pas besoin de toute sa cavalerie. La consommation WLTP annoncée pour la traction avant tourne autour de 7 litres aux 100 km.
Sur la route, cela donne une mécanique plutôt zen. En ville, la CX-5 se montre douce et facile. Sur autoroute, elle avale les kilomètres sans donner l’impression de forcer. En revanche, lorsqu’on écrase franchement l’accélérateur pour dépasser, il faut accepter que le quatre-cylindres monte dans les tours. Le caractère est alors nettement moins discret. C’est le petit compromis à accepter avec ce choix technique.

ET AU VOLANT, ÇA DONNE QUOI? Mazda n’a jamais considéré la conduite comme un simple moyen de déplacer une carrosserie. La CX-5 perpétue cette philosophie. La position de conduite est naturelle, la direction reste précise et l’ensemble donne rapidement confiance. Le SUV n’est pas sportif au sens strict du terme, mais il conserve ce petit supplément de connexion avec le conducteur qui distingue souvent les Mazda.
Le châssis fait également un joli travail. La suspension avant repose sur des jambes MacPherson et l’arrière sur un système multibras. Mazda a revu les ressorts et les amortisseurs afin de privilégier le confort sans rendre la voiture pataude. Résultat : les routes belges un peu défoncées sont mieux filtrées et les longs trajets deviennent franchement agréables.

UNE VRAIE VOITURE DE FAMILLE, SANS L’AMBIANCE MONOSPACE. À bord, Mazda a clairement voulu faire monter la CX-5 en gamme. Le dessin du tableau de bord est plus épuré et l’ambiance plus contemporaine. Dès la finition Prime-Line, on dispose notamment d’un écran central tactile de 12,9 pouces, de Google intégré, de la navigation, d’Apple CarPlay et d’AndroidAuto.
Les versions supérieures peuvent aller beaucoup plus loin. La Homura reçoit notamment un impressionnant écran central de 15,6 pouces, des sièges avant ventilés, du cuir, un éclairage d’ambiance et une installation audio Bose à 12 haut-parleurs. Entre les deux, la CX-5 peut aussi proposer l’affichage tête haute, la recharge sans fil du smartphone ou encore une caméra à 360 degrés.
Mais le vrai progrès se trouve peut-être derrière. La banquette 40/20/40 permet de composer facilement avec passagers et objets encombrants. L’espace aux jambes progresse et le coffre gagne en capacité. Bref, la CX-5 ne se contente plus d’être agréable à regarder : elle devient franchement pratique.

TRACTION OU QUATRE ROUES MOTRICES? À VOUS DE JOUER! Comme nous l’avons écrit plus haut, la version 2.5 de 141 chevaux peut être commandée en traction avant ou avec la transmission intégrale i-Activ AWD. Pour la majorité des automobilistes belges, la traction avant sera probablement largement suffisante. Elle est plus légère, un peu moins gourmande et offre déjà toute la polyvalence nécessaire pour les trajets quotidiens.
L’AWD prend tout son sens si vous habitez une région vallonnée, partez régulièrement en montagne ou tractez une remorque. La CX-5 peut d’ailleurs remorquer jusqu’à 2.000 kg avec freins. Et la transmission intégrale bénéficie de modes de conduite spécifiques, dont un programme Off-road.
Dans les deux cas, la boîte automatique à six rapports est de série. Elle privilégie clairement la douceur. On aurait parfois aimé un peu plus de nerf lors des relances, mais ce choix colle parfaitement au caractère général de la voiture : confortable, prévisible et relaxante plutôt que démonstrative.

UNE MAZDA QUI ASSUME SA DIFFÉRENCE. À pleine charge, avec quatre ou cinq personnes et les bagages, les 141 chevaux auront fort à faire. Celui qui recherche des accélérations franches ou roule très souvent sur autoroute allemande trouvera sans doute la CX-5 un peu placide. Mais pour le quotidien belge, les trajets domicile-travail, les escapades du week-end et les vacances en famille, le compromis est convaincant.
Et puis il y a le prix. En Belgique, la gamme débute autour de 33.490 € pour la CX-5 2.5 e-Skyactiv G en finition Prime-Line, selon le tarif/configurateur de Mazda Belux. Les niveaux Centre-Line, Exclusive-Line et Homura font progressivement grimper la facture, mais enrichissent sérieusement l’équipement. Mazda accompagne en outre ses voitures d’une garantie de six ans ou 150.000 km, selon la première échéance.
Au final, cette troisième génération de CX-5 ressemble moins à une révolution qu’à une évolution très bien ciblée. Plus grande, plus confortable, plus technologique, mais toujours reconnaissable au premier coup d’œil. Et surtout, elle conserve cette manière très Mazda de rappeler qu’une voiture familiale peut être agréable à conduire. Même lorsqu’elle ne cherche pas à battre des records.   🔵

Aug 2026

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