SOUS LA LOUPE: POLESTAR 4, LE SUV COUPÉ QUI OSE TOUT… SAUF FAIRE COMME LES AUTRES

@ Jean Spé

Une silhouette de coupé, les proportions d’un SUV avec 544 chevaux en version musclée et surtout… pas de lunette arrière. La Polestar 4 ne cherche clairement pas à passer inaperçue. Avec sa grosse batterie de 100 kWh, son intérieur façon lounge scandinave et une approche très technologique, le nouveau modèle de la marque électrique veut jouer les trouble-fêtes sur le marché belge. Et le plus intéressant, c’est qu’il ne se contente pas de faire le show. Sur la route, la Polestar 4 sait aussi se montrer étonnamment sérieuse.

UN LOOK QUI NE DEMANDE PAS LA PERMISSION. Il suffit d’un coup d’œil pour comprendre que la Polestar 4 n’est pas là pour faire de la figuration. Longue de 4,84 mètres, large et basse sur ses roues, elle mélange les codes du SUV et du coupé avec une certaine insolence. La ligne de toit plonge doucement vers l’arrière, les épaules sont bien marquées et les feux arrière forment une signature lumineuse spectaculaire.
Mais le détail qui fait immédiatement parler, c’est l’absence totale de lunette arrière. Oui, vraiment. À la place, une caméra installée sur le toit filme ce qui se passe derrière la voiture et transmet l’image à un rétroviseur numérique. L’idée paraît d’abord un peu gadget. En pratique, la vue arrière est très large et n’est pas bouchée par les appuie-tête, les passagers ou les bagages. Par temps de pluie ou de nuit, c’est même plutôt bluffant.
Il faut néanmoins quelques kilomètres pour adopter le réflexe. Le cerveau cherche naturellement une vraie vitre. Et lorsque l’on veut jeter un œil aux enfants installés derrière, il faut basculer le système en mode rétroviseur classique. Une petite bizarrerie dans une voiture qui en compte quelques-unes. Mais c’est aussi ce qui fait son charme.

UN SALON SCANDINAVE SUR QUATRE ROUES. À bord, la Polestar reste fidèle à son obsession pour le minimalisme. Pas de forêt de boutons ni de décoration façon cockpit d’avion. L’ambiance est épurée, moderne et franchement premium. Au centre trône un écran vertical de 15,4 pouces, tandis que le conducteur dispose d’un affichage de 10,2 pouces. L’ensemble fonctionne sous Android Automotive avec l’écosystème Google, ce qui rend la navigation et les commandes vocales particulièrement naturelles.
Mais la vraie surprise vient de l’espace disponible. Malgré son profil de coupé, la Polestar 4 offre beaucoup de place à l’arrière. La suppression de la lunette permet notamment de prolonger le toit panoramique et de libérer davantage d’espace au-dessus des passagers.
Et puis il y a le coffre… Avec 526 litres, il se montre parfaitement compatible avec une famille partant en week-end. Banquette rabattue, on grimpe jusqu’à 1.536 litres. Le fait de ne pas avoir de lunette arrière présente même un avantage inattendu: on peut charger haut sans masquer la vision du rétroviseur numérique.

DEUX MOTEURS, DEUX PERSONNALITÉS. Sous cette carrosserie futuriste, Polestar laisse le choix entre deux philosophies. La version à moteur arrière développe 272 chevaux. C’est déjà largement suffisant pour un usage quotidien, avec un zéro/cent réalisé en 7,1 secondes. Pas exactement une voiture lente, donc.
Mais si vous aimez le coup de pied au derrière, la Dual Motor change complètement l’ambiance. Deux moteurs électriques, quatre roues motrices et 544 chevaux. Résultat: un zéro/cent en seulement 3,8 secondes. Et là, mieux vaut avoir prévenu les passagers avant d’écraser l’accélérateur.
La sensation est typiquement électrique: pas de montée en régime, pas d’attente, juste une poussée immédiate et parfaitement linéaire. La Polestar 4 ne donne pas l’impression de forcer: elle catapulte! Et avec une vitesse maximale limitée à 200 km/h, elle possède largement de quoi mettre à profit les longues autoroutes allemandes.
La version Dual Motor peut en plus découpler son moteur avant lorsque toute cette puissance n’est pas nécessaire. Elle peut donc privilégier l’efficience en conduite tranquille avant de reconnecter le train avant dès que le rythme augmente.

SUR LA ROUTE: RAPIDE, MAIS SURTOUT TRÈS BIEN POSÉE. Voilà peut-être la partie la plus intéressante. Avec plus de 2,2 tonnes sur la balance en version propulsion et 2,355 tonnes en Dual Motor, la Polestar 4 n’est clairement pas une ballerine. Pourtant, une fois lancée, elle donne une impression de maîtrise assez impressionnante.
La direction est précise et la voiture reste bien campée sur ses appuis. Sur une petite route sinueuse, elle préfère les trajectoires propres et les enchaînements rapides aux attaques façon spéciale de rallye. Ce n’est pas une petite sportive déguisée en SUV. Et c’est tant mieux.
La version Dual Motor avec pack Performance pousse le curseur plus loin avec ses jantes de 22 pouces, ses freins Brembo et ses amortisseurs actifs ZF. Elle devient alors franchement dynamique. Mais pour un usage belge quotidien, la configuration classique avec roues de 20 pouces semble probablement le meilleur compromis.
Le confort est d’ailleurs l’une des belles qualités de cette Polestar. À vitesse stabilisée, l’insonorisation et la douceur de fonctionnement donnent à la voiture une vraie allure de grande routière.

620 KM SUR PAPIER… MAIS COMBIEN DANS LA VRAIE VIE? C’est évidemment la question que tout acheteur de voiture électrique finit par se poser. La Polestar 4 dispose d’une batterie de 100 kWh. En cycle WLTP, la version à moteur arrière annonce jusqu’à 620 km, tandis que la Dual Motor atteint jusqu’à 590 km. Sur le papier, c’est donc très confortable.
Dans la vraie vie, il faut évidemment remettre ces chiffres dans leur contexte. Une Polestar 4 propulsion peut raisonnablement viser autour de 400 km en usage mixte et par conditions favorables. En ville, l’autonomie peut toutefois grimper à 460 km.. Sur autoroute, le même modèle peut réaliser environ 380 km d’autonomie réelle sur une charge complète.
En clair: sur nos autoroutes belges à 120 km/h, l’autonomie sera nettement plus intéressante qu’à 140 ou 150 km/h en Allemagne. Et en hiver, avec le chauffage, la pluie et le vent, mieux vaut naturellement prévoir une marge. La grosse batterie reste néanmoins un excellent allié pour les longs trajets.

30 MINUTES POUR REPRENDRE LA ROUTE. Sur le front de la recharge, la Polestar 4 utilise une architecture 400 volts et accepte jusqu’à 200 kW en courant continu, ce qui permet de passer de 10 à 80 % en 30 minutes sur une borne rapide.
À la maison, la Polestar 4 accepte 11 kW en courant alternatif de série: il faut compter environ 11 heures pour une recharge de 0 à 100 %. Sur une simple prise domestique l’exercice prend nettement plus de temps: jusqu’à 50 heures. Autrement dit, pour une voiture de ce calibre, la Wallbox reste clairement la meilleure amie du propriétaire.

UNE POLESTAR QUI JOUE LA CARTE DE LA DIFFÉRENCE. Au final, la Polestar 4 est intéressante précisément parce qu’elle refuse de rentrer dans une case bien définie. SUV? Oui. Coupé? Aussi. Grande familiale? Absolument. Sportive? Dans sa version Dual Motor, sans discussion. Et voiture technologique? Impossible de le nier!
Son absence de lunette arrière restera probablement son choix le plus clivant. Certains adoreront cette vision numérique ultra-large. D’autres regretteront le contact plus naturel d’un rétroviseur traditionnel. L’interface entièrement numérique demande elle aussi un petit temps d’adaptation, notamment pour certaines fonctions qui auraient gagné à rester accessibles par de vraies commandes physiques.
Mais derrière ces choix parfois audacieux, la Polestar 4 propose un ensemble étonnamment cohérent. Elle est confortable, rapide, spacieuse, bien finie et capable d’avaler de longues distances sans transformer chaque trajet en chasse à la borne. Avec un tarif belge débutant actuellement à 63.500€, elle ne joue évidemment pas dans la catégorie des bonnes affaires, mais elle se positionne face à des concurrentes premium nettement plus classiques.
Et c’est peut-être là son meilleur argument. La Polestar 4 n’essaie pas de battre tout le monde sur chaque tableau. Elle préfère proposer autre chose. Une voiture électrique avec une vraie personnalité, un gros capital sympathie et suffisamment de talent
Oui, parce qu’au prochain feu rouge, il suffira d’écraser l’accélérateur pour que les 544 chevaux de la Dual Motor se chargent immédiatement de rappeler que cette Polestar n’est pas seulement différente. Elle sait aussi être sérieusement excitante.   🔵

Aug 2026

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