RENAULT TWINGO E-TECH: LA PETITE ÉLECTRIQUE QUI REMET LA VILLE À SA PLACE
@ Jean Spé
Elle est petite, électrique, colorée et affiche une bouille qui semble sourire à tout ce qui roule autour d’elle. Mais ne vous fiez pas à son air de jouet: la nouvelle Renault Twingo E-Tech electric entend surtout remettre la voiture électrique urbaine à la portée du plus grand nombre. Avec 82 chevaux, une batterie volontairement compacte, plus de 260 km d’autonomie WLTP et un prix qui débute à 19.500 euros, elle revient aux fondamentaux. Et ça fait du bien.
UN SACRÉ COUP DE JEUNE… AVEC UN CLIN D’ŒIL AUX ANNÉES 90. Il suffit de la regarder pour comprendre que Renault n’a pas voulu dessiner une mini-R5. La Twingo reste une Twingo. Sa silhouette monocorps, son regard espiègle et ses proportions ramassées font clairement référence à la première génération de 1993. Sans tomber dans le rétro pur et dur.
Longue de seulement 3,79 m, elle conserve ce format de poche qui prend tout son sens dans nos villes belges. Bruxelles, Liège, Namur, Anvers ou Gand: une place de parking un peu juste ne devrait pas lui faire peur. Son diamètre de braquage inférieur à 10 mètres ajoute encore à cette impression de petite voiture conçue pour se faufiler partout.
Et Renault n’a pas oublié la couleur. Jaune Mango, Vert Absolu, Rouge Absolu… la Twingo préfère visiblement mettre un peu de bonne humeur dans le gris du quotidien. Tant mieux. À une époque où tant de voitures semblent avoir été dessinées avec une règle et peintes en cinquante nuances de gris, ce petit grain de folie est plutôt rafraîchissant.
82 CHEVAUX: LARGEMENT ASSEZ POUR JOUER EN VILLE. Sous son capot, pas de course à la puissance. Sur le papier, le zéro-cent réclame 12,1 secondes. Pas exactement de quoi défier une sportive au feu rouge. Mais, comme toujours avec un moteur électrique, la réponse immédiate à l’accélérateur donne beaucoup plus de vivacité aux basses vitesses. Entre deux feux, pour s’insérer dans un rond-point ou sortir rapidement d’une rue latérale, la Twingo répond présente.Sa légèreté relative pour une électrique joue également en sa faveur. La direction est légère, la voiture tourne court et l’ensemble paraît naturellement à l’aise en milieu urbain.
Sur autoroute, évidemment, l’ambiance change. Avec une vitesse maximale limitée à 130 km/h, la petite Renault peut voyager, mais ce n’est clairement pas son terrain de jeu préféré.
UNE PETITE BATTERIE, ET C’EST JUSTEMENT L’IDÉE. Renault aurait pu installer une énorme batterie pour afficher un chiffre spectaculaire dans la brochure. Le constructeur a choisi l’approche inverse: 27,5 kWh utiles, une capacité raisonnable qui limite le poids, le coût et la quantité de matières premières embarquées.
Résultat: selon la version, la Twingo annonce environ 260 kilomètres d’autonomie. Ce n’est pas énorme dans l’absolu. Mais combien de kilomètres parcourt réellement une citadine chaque jour?
Dans la vraie vie, les premiers essais sont plutôt rassurants. Sur route, la Twingo a permis environ 212 km d’autonomie réelle. En ville, où l’électrique retrouve tout son intérêt, les consommations peuvent nettement descendre pour arriver à 250 km en usage urbain, davantage que nécessaire pour la plupart des déplacements quotidiens.
RECHARGE: PAS LA REINE DE L’AUTOROUTE, MAIS SUFFISAMMENT RAPIDE. Même logique du côté de la recharge. Pas question ici d’afficher 200 ou 300 kW sur une borne rapide. La petite batterie accepte jusqu’à 50 kW en courant continu. Avec seulement 27,5 kWh à remplir, cela permet néanmoins de passer de 10 à 80 % en une trentaine de minutes dans de bonnes conditions.
En courant alternatif, la recharge peut atteindre 11 kW selon l’équipement. À domicile ou sur les nombreuses bornes urbaines belges, c’est probablement cette solution qui correspondra le mieux à son utilisation.
La version Techno ajoute un autre petit plaisir: le freinage régénératif réglable via des palettes et la fonction One Pedal. On accélère, on relâche et la voiture ralentit fortement, jusqu’à l’arrêt. Dans les bouchons du ring ou dans un centre-ville encombré, on s’y habitue très vite. Au point de trouver presque fatigante une voiture qui oblige ensuite à jongler constamment entre deux pédales.
QUATRE PLACES ET UN COFFRE QUI SAIT SE TRANSFORMER. Avec une longueur inférieure à 3,80 m, on pourrait s’attendre à devoir voyager les genoux sous le menton. La Twingo joue pourtant intelligemment avec l’espace.
Elle accueille quatre personnes et propose deux sièges arrière indépendants, coulissants et rabattables. On peut donc privilégier l’espace aux jambes ou le coffre selon les besoins. Ce dernier offre jusqu’à environ 360 litres lorsque la banquette est avancée et jusqu’à 966 dm³ en configuration maximale avec les sièges rabattus.
Sur la version Techno, le dossier du siège passager avant peut également se rabattre… pratique pour transporter un objet particulièrement long.
L’habitacle cultive la même philosophie. C’est gai, simple et moderne. Certains plastiques rappellent que l’on se trouve dans une voiture conçue avec un prix serré, mais Renault compense avec des détails graphiques, des rangements et une présentation nettement moins austère que celle de nombreuses petites voitures.
GOOGLE À BORD, MAIS SANS TRANSFORMER LA TWINGO EN SMARTPHONE. L’époque du petit autoradio perdu au milieu du tableau de bord est définitivement révolue. La Twingo peut recevoir un écran central openR link de 10,1 pouces, accompagné d’une instrumentation numérique de 7 pouces.
Sur la finition Techno, Google est directement intégré. Google Maps, commandes vocales et services connectés trouvent donc naturellement leur place à bord, tandis qu’Apple CarPlay et Android Auto permettent évidemment de retrouver son smartphone.
Renault propose également son avatar ‘Reno’, censé simplifier certaines commandes et répondre aux questions liées à la voiture. Gadget? Peut-être un peu. Mais l’ensemble participe au caractère sympathique de cette Twingo qui préfère manifestement être accessible plutôt qu’impressionnante.
L’équipement de sécurité reste sérieux: freinage automatique d’urgence, aide au maintien dans la voie, surveillance de la distance de sécurité, airbags avant, latéraux et rideaux… La petite taille n’impose donc pas de faire l’impasse sur les assistances devenues habituelles.
À 19.500 EUROS, ELLE FRAPPE LÀ OÙ ÇA COMPTE. C’est probablement ici que la nouvelle Twingo marque le plus de points. En Belgique, la version Evolution E-Tech electric 80 démarre actuellement à 19.500 euros, tandis que la Techno s’affiche à partir de 21.300 euros.
Bien sûr, pour obtenir ce tarif, Renault a dû faire des choix. Les performances sont modestes, la batterie petite et certaines finitions intérieures restent simples. Les gros rouleurs devront également regarder ailleurs: avaler chaque semaine Bruxelles-Luxembourg ou Belgique-Côte d’Azur n’est pas sa vocation.
Mais lui reprocher cela reviendrait presque à critiquer un vélo de ville parce qu’il n’est pas idéal pour le Tour de France.
La Twingo E-Tech electric 80 sait exactement ce qu’elle veut être: une petite voiture électrique maligne, facile à conduire, pratique et vraiment abordable. Elle ne cherche pas à battre des records. Elle cherche à rendre l’électrique plus simple.
Et finalement, c’est peut-être là son meilleur tour de magie: trente-trois ans après avoir réinventé la petite citadine, la Twingo revient avec la même idée en tête. Faire beaucoup avec peu. Et toujours avec le sourire. 🔵
Aug 2026


