VOILÀ SAINT-NICOLAS, ET QUELQUES IDÉES DE BD POUR… ADOS ET MÊME PARENTS
@ Charly
Les fêtes de fin d’année sont à nos portes, et avec elles le moment venu des
cadeaux en tout genre. Premier à se manifester: le grand saint. Le préféré avec le père Noël des plus jeunes. Du coup, au-delà des jouets, des consoles, on pense aux livres et à la BD comme cadeaux. Toutefois, après Mickey, Bécassine, Spirou, Tintin et autres Astérix, Schtroumpf ou Boule et Bill, la BD est devenue aussi adulte et même… pour adulte. La preuve, tous les albums proposés ici ont les ados et leurs parents pour cible.
’60 ANS DÉJÀ?’, DE JIM CHEZ ANSPACH.
AVEC CET ALBUM DANS LEQUEL il s’inspire de notre quotidien, Jim nous demande si nous sommes prêts à affronter la jeunesse de la vieillesse. Véritable réflexion sur le temps qui passe, il y aborde avec ironie et humour, une série de thèmes tels que mémoire qui flanche, libido qui clignote, articulations qui craquent, envies nouvelles et vieilles habitudes. Avec ’60 ans déjà?’, la vieillesse devient un terrain de jeu humoristique, tendre et féroce, où les rides n’effacent jamais le trait d’esprit.
À TRAVERS UNE GALERIE DE PERSONNAGES lambda, mais familiers, ’60 Ans déjà’ explore les petits et grands tracas du quotidien à l’aube de la soixantaine par le prisme de l’humour et de l’absurde. Chaque planche décline un même dessin, immuable et intemporel, dans lequel s’inscrivent des dialogues sans filtre, caustiques ou touchants.
SUR FOND DE SILENCE CONJUGAL, de bilans de santé douteux, d’interrogations existentielles et de fantasmes tenaces, ces gags dessinent un portrait collectif à la fois lucide, impertinent et profondément humain de ce passage d’âge redouté autant qu’attendu. On y parle de sexe, de mémoire, de retraite, de regrets, de rêves avortés ou réinventés. Toujours avec humour. Parfois avec tendresse. Jamais avec apitoiement.
UN NOUVEAU PETIT RÉGAL, que cet hommage que Jim rend ici aux séniors. Hommage où il démontre que l’âge, c’est avant tout dans la tête qu’il se situe.
‘LE SANG DU ROI’, DE DELEP ET DORISON CHEZ CASTERMAN
VOICI LE QUATRIÈME ET DERNIER VOLET de la saga que Félix Delep et Xavier Dorison dédient au ‘Château des animaux’, une fable politique moderne inspirée de ‘La ferme des animaux’ de George Orwell.
C’EST UNE PETITE VICTOIRE POUR LES ANIMAUX: le dictateur Silvio a dû se résoudre à organiser un vote et donc, peut-être, à remettre son mandat en jeu! Au Château, la campagne pour l’élection présidentielle bat son plein, et du côté du taureau-despote, tous les coups (bas) sont permis.
MAIS LE MOUVEMENT DES MARGUERITES est plus mobilisé que jamais pour renverser le Taureau dictateur, bien décidé aussi à rappeler toutes les injustices dont sont victimes les animaux ! Miss B, César et Azélar auront-ils cette fois raison du cruel taureau Silvio? La liberté est-elle à portée de pattes ?
CE DERNIER VOLET, TOUT COMME ces prédécesseurs, laissera à coup sûr une trace indélébile dans ce qui est le pinacle des grandes sagas captivantes et réussies de la bande dessinée. Non seulement grâce au scénario hyper travaillé de Dorison, mais également suite à la maîtrise graphique et à la science de la mise en page dont fait preuve Félix Delep. Du grand art!
‘LA GUERRE DES VOISINS’, DE MIKKO CHEZ DARGAUD
ET SI L’HUMANITÉ TOUT ENTIÈRE était logée dans le même immeuble? Chaque continent aurait droit à un étage. Certains appartements seraient plus petits que d’autres, d’où quelques conflits de voisinage à prévoir. Le gardien serait M. Guerres, le secrétaire général des Nations unies et les voisins ne seraient autres que les dirigeants des différents pays du monde.
AVOUONS-LE, LA PERSPECTIVE DE CROISER Poutine en allant chercher le courrier n’a rien de folichon. Et une réunion de copropriété en compagnie de Trump tournerait vite à la démonstration Maga sur fond de musique des Village People! Mais bon, quand on vit en collectivité, il faut savoir s’entendre et être prêt à faire quelques efforts.
AU-DELÀ DE L’HUMOUR POTACHE qui imprègne l’album sous-titré ‘La géopolitique à hauteur d’immeuble’, ‘La Guerre des voisins’ est un livre très sérieux et un manuel de politique internationale à recommander. Un outil précieux pour décrypter dans le rire et la bonne humeur, les enjeux de pouvoir contemporains et les guerres qui secouent notre planète. Classé par thème: les conflits, l’économie, le dérèglement climatique, etc., le livre, entièrement inédit, est adapté de la série ‘La Guerre des voisins’, diffusée depuis 2022 sur le compte Instagram Mâtin !
L’IDÉE EST EXCELLENTE: rien de plus éclairant et de plus concret que de ramener les grands problèmes du monde à hauteur de citoyen, en imaginant qu’ils sont du même ordre que les chamailleries de copropriété. Reste à espérer que les parties communes de votre immeuble sont en meilleur état que celles de la planète, et que vos voisins de palier sont animés de meilleures intentions.
UN OUVRAGE QUE TOUS nous devrions lire! Peut-être que de la sorte notre monde fissuré et en éternelle alerte deviendrait meilleur.
‘DROGUE, UNE HISTOIRE MONDIALE’, DE JEAN-PIERRE PÉCAU ET NICOLAS OTERO CHEZ DELCOURT
ALORS QUE LE NARCOTRAFIC, sujet médiatique majeur explose partout, cette vaste enquête retrace l’histoire des drogues depuis la nuit des temps et leur impact sur nos sociétés.
LE SCANDALE FENTANYL, drogue miracle, antidouleur 100 fois plus puissant que la cocaïne, constitue l’un des plus grands scandales sanitaires aux USA. En quelques mois, l’usage du Fentanyl devient la première cause de décès des moins de 30 ans. Le Fentanyl circule partout, dans tous les états, au sein de toutes les classes sociales, chez les hommes comme chez les femmes, comme une véritable épidémie.
AUSSI ÉTRANGE QUE CELA PUISSE PARAÎTRE, il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau, mais d’un système de propagation bien rodé, comme à chaque fois que l’homme découvre une nouvelle drogue.
UNE BD DANS LAQUELLE vous allez comprendre nombre de choses utiles. Une BD qui vous fait réaliser que l’humain n’apprend guère de ses erreurs. Une BD qui sort assurément des sentiers battus.
‘QUE D’OS!’, DE CABANES, MANCHETTE ET HEADLINE CHEZ AIRE NOIRE DUPUIS
PARIS, 1975. EUGÈNE TARPON, ex-gendarme devenu détective privé, et ses équipiers, la jeune cascadeuse Charlotte et le vieux journaliste Haymann vont mettre les doigts dans une très sale affaire où se mélangent vieux secrets du temps de l’occupation, relations coupables entre polices et extrême-droite, sectes loufoques et autres joyeusetés.
EN FAIT, À LA DEMANDE DE MARTHE, la mère de Philippine, une jeune aveugle disparue, Tarpon accepte de se mettre à la recherche de cette dernière. Toutefois, lorsque Philippine lui écrit en braille qu’elle vit heureuse, Tarpon est prêt à lâcher l’affaire. Mais quand Marthe est assassinée en pleine gare Saint-Lazare, le détective décide alors d’aller fouiner un peu plus profondément.
CIBLÉ PAR DES FLICS POURRIS, passé à tabac, capturé et séquestré, Tarpon, ancien flic têtu et bourru, aura vraiment droit à tout dans cette aventure.
VOICI LE RETOUR EN FORCE DU PRIVÉ TARPON, le héros culte de Manchette adapté par Cabanes et Headline pour Aire Noire! Au programme: du suspense, de la violence, un humour inimitable et une mordante autopsie de la société française des années 70. Mais également, pour les amateurs de voitures anciennes, le parc automobile de ces années fécondes en nouveautés françaises, sans oublier non plus le décor des rues de ce Paris qu’aimait arpenter Jean Gabin.
‘DANIEL FUCHS – MES ANNÉES HARA-KIRI’, DE JOUB ET NICOBY CHEZ GLÉNAT
HARA-KIRI. UNE BANDE DE SACRÉS JOYEUX GARNEMENTS qui avaient pour noms: Cavanna, Choron, Gébé, Gotlib, Reiser, Wolinski… Des gars au dessin joyeusement subversif et dont certains travaillaient au devenu tristement célèbre ‘Charlie Hebdo’. Là même où Wolinski se trouva parmi les victimes de cette attaque perpétrée le 7 janvier 2015 par des terroristes islamistes.
AUJOURD’HUI, HARA-KIRI APPARTIENT à notre mémoire collective. Son histoire a maintes fois été racontée par ceux qui l’ont faite. Daniel Fuchs était l’un d’entre eux. Un de ces hommes de l’ombre à qui il arrivait aussi de prendre la pose pour les publicités qui choquaient la France entière.
QUARANTE APRÈS, IL CONTINUE À DIRE: ‘Putain! Hara-Kiri, ça, c’était un journal!’ et de raconter mille souvenirs. Une parole que Joub et Nicoby ont recueillie et transposée en bande dessinée, à mi-chemin entre le documentaire et le témoignage.
CETTE NOUVELLE ÉDITION EST AUGMENTÉE d’un dossier documenté de Stéphane Mazurier et d’une interview des auteurs. Un véritable régal pour les jeunes que nous étions à l’époque. Une façon pour les ados d’aujourd’hui de plonger dans les lectures ‘irrévérencieuses et provocatrices’ que lisaient sous le boisseau leurs pères et grands-pères. Eh oui !
‘BESTIAL’, DE CORBEYRAN ET LUCA MALISAN CHEZ KAMITI
QUI EST GARRY? UN HOMME? UN ANIMAL? Est-il seulement capable de répondre lui-même à cette question? Emmené gravement blessé à l‘hôpital, il fait preuve d’une capacité incroyable de guérir très rapidement. Cela face à l’incompréhension totale du corps médical.
À PEINE GUÉRI, IL S’ÉCHAPPE DE L’HOSTO, semant derrière lui moult cadavres atrocement mutilés. De quoi le voir traqué comme une bête féroce. Harcelé par de redoutables chasseurs, trahi par son propre réseau, Gary tranche les derniers liens qui le retiennent à la société et quitte Moscou dans un cercueil. Mais ce n’est pas la liberté escomptée qui l’attend à Berlin.
CORBEYRAN NOUS PLONGE à nouveau dans cet univers imaginaire baigné de fantastique qu’il aime évoquer dans nombre de ses récits. Au-delà, on retrouve une autre de ses passions: emmener ses aficionados sur de fausses pistes afin de les tenir en haleine d’un bout à l’autre de son récit. C’est vrai que notre homme possède cet art inouï de distiller ses infos au compte-gouttes.
QUANT AU DESSIN RÉALISTE DE LUCA MALISAN, il renforce plus encore le ton de ce récit qui baigne dans les mots action, horreur et fantastique. Des mots que les amateurs du genre apprécieront plus que grandement, attendant avec une impatience non dissimulée, ce qu’il va bien arriver à Garry dans le second volet de ses aventures d’un loup qui se dissimule au milieu de… moutons.
‘YIYUN’, DE COSEY AU LOMBARD
ANNÉES 90, AU PAYS D’ENHAUT, Alpes vaudoises. Urs, 14 ans, croit reconnaître parmi des élèves venus d’Angleterre, Miss Wu, la belle Chinoise qui porte un cache-œil d’une ancienne BD d’aventures. Les tentatives de parler à la jeune sosie de Miss Wu, qui en réalité se prénomme Mei, semblent vouées à l’échec. Jusqu’au moment où Urs parvient à entraîner Mei sur le télésiège au moment de la fermeture.
DU COUP, LES DEUX ADOS SE RETROUVENT bloqués sur l’installation arrêtée pour la nuit. Persuadés de finir congelés avant l’aube, ils se rapprochent de plus en plus. Ils sont retrouvés par les secours quelques instants après leur premier baiser.
L’ÉTÉ SUIVANT, LORS D’UNE RANDONNÉE, Urs s’étonne de tomber sur Mei. Elle se montre très distante, pour une raison qu’elle ne peut pas dévoiler. 10 ans plus tard, Urs réalise des découpages qui se vendent à quelques touristes séjournant dans la région. Un jour, à sa grande surprise, un courrier d’une galerie londonienne lui propose une exposition de ses œuvres.
À LONDRES, LA BARONNE FRIDA VON FÜRSTENDORFKIRCHEN, directrice de la Galerie F&M, lui présente sa compagne: Mei. Urs est étonné en retrouvant la jeune Chinoise de ne ressentir ni déception, ni frustration, ni même désir. Face aux questions d’Urs, Mei retire son cache-œil, révélant ses deux yeux intacts, en précisant qu’il y a à Taïwan une personne qu’Urs connaît bien, qui pourra dévoiler enfin le mystérieux secret.
INCROYABLE ET DÉLICIEUSE SURPRISE que ce nouveau one-shot de Cosey! Tout en continuant de creuser son sillon artistique unique, l’auteur de Jonathan parvient à briser ses propres codes. Yiyun est un album à la croisée des chemins que Cosey n’a cessé d’emprunter. De cette synthèse naît quelque chose de familier et nouveau en même temps : un album dont se dégagent conjointement une profondeur mature et une joie de vivre enfantine. Yiyun en surprendra plus d’un, connaisseur ou découvreur de cet auteur majeur!
‘REI SEN PACIFIQUE’, D’OLIVIER SPELTENS CHEZ PAQUET
CELA FAIT HUIT MOIS QUE LES JAPONAIS essayent de repousser l’attaque des alliés sur Guadalcanal. L’île est considérée comme perdue, pourtant les forces nipponnes s’accrochent à ce morceau de terre perdu au milieu de l’océan.
DAISUKE, AFFECTÉ À L’AÉRODROME de Balalae au milieu de l’archipel des Salomon, a perdu la plupart de ses camarades de combat. L’ennemi s’est considérablement renforcé depuis l’époque de Lae et de Port Moresby. L’avenir s’annonce sombre pour l’Empire du soleil levant.
DANS CET OUVRAGE, IL EST ÉGALEMENT question du Nakajima B5N, aussi appelé ‘Kate’. C’est le bombardier-torpilleur standard de la Marine impériale japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. Rapide et précis, aux mains des équipages japonais aguerris, il connaît de nombreuses victoires durant les batailles de Pearl Harbor, de la mer de Corail, de Midway et des îles Santa Cruz.
UN RÉCIT EN TROIS TOMES qui va non seulement passionner tous les amateurs de tout ce qui touche à la Seconde Guerre mondiale, mais aussi à tous les accros du domaine de l’aéronautique. Ce dernier point tant le crayon hyper réaliste d’Olivier Speltens est d’une précision diabolique quand il s’attaque à des scènes de combats aériens. À signaler également le petit dossier historique en début de cet album qui, à l’image du tome 1, constitue une bien belle surprise. 🔵
Nov 2025



